
Monsieur Le Bourgmestre,
Messieurs les Echevins,
À la lecture du Bulletin communal d’Andenne de ce mois de novembre/décembre, votre éditorial a attiré notre attention.
Vous écrivez « des citoyens qui ont le bonheur d’avoir une maison, nous en sommes très heureux pour eux, ne veulent pas de voisin, alors que le terrain à côté ou en face est un terrain à bâtir ». Vous vous référez très probablement au mouvement citoyen « Touche Pas à Ma Campagne », qui s’est constitué il y a peu.
Qui sommes-nous ? Qui sont « Les égoïstes rois » ? Notre ASBL n’est pas uniquement composée de riverains de la plaine d’Anton mais également d’Andennais qui souhaitent préserver ce lieu et d’acteurs défendant l’environnement. Il ne s’agit en aucun cas d’un mouvement politique, c’est un mouvement citoyen qui souhaite protéger cette zone naturelle remarquable qu’est la plaine d’Anton.
Notre ASBL regroupe aujourd’hui des dizaines de membres (Notre page Facebook est suivie aujourd’hui par près de de 450 personnes) et ne cesse d’être rejointe par des citoyens inquiets. Est-ce égoïste de penser à la qualité de vie des générations futures ?
Notre démarche est loin d’être égoïste et nous demande de déployer une énergie à la hauteur du projet démesuré que vous proposez !
Un projet de cette ampleur mériterait une concertation citoyenne, pour que l’on puisse construire ensemble notre avenir. Différents experts en urbanisme, mais aussi en aménagement du territoire, en mobilité, en démographie, en développement durable devraient être consultés… Et surtout, nous devrions aussi écouter nos jeunes, qui subiront les conséquences des décisions prises aujourd’hui.
Nous entendons votre inquiétude vis-à-vis de l’impossibilité de loger nos jeunes à l’avenir. Cependant, les Andennais sont inquiets de l’évolution urbanistique et ont envie de comprendre votre stratégie de développement du territoire. En effet :
- de très nombreux permis d’urbanisme ont et sont accordés à Andenne pour la construction d’immeubles et trop souvent sans tenir compte des avis défavorables des citoyens et même de la Région Wallonne
- à la lecture du SOL (« Schéma d’Orientation Locale ») de la plaine d’Anton, il semblerait que l’objectif est de loger des personnes extérieures à Andenne (le solde naturel de la commune étant négatif).
La démarche de TPMC est citoyenne et nous le faisons pour tous les Andennais, pour nos enfants, pour que nous puissions tous vivre dans un environnement sain.
De nombreux Andennais souhaiteraient qu’on leur explique le projet d’Anton et ses enjeux, souhaiteraient qu’on les consulte car c’est l’ensemble d’Andenne, au minimum, qui sera impacté par ce projet d’urbanisme.
Les Andennais doivent comprendre pourquoi il faut urbaniser (ou non !) l’entièreté du quartier que l’on appelle “Ma Campagne” et ainsi sacrifier la dernière campagne proche du centre d’Andenne. Le projet d’Anton, le SOL et ses enjeux doivent être expliqués clairement aux citoyens. Pas lors de l’enquête publique, mais maintenant.
L’ASBL « Touche Pas à Ma Campagne » n’est pas la seule association à s’inquiéter des impacts du projet d’Anton :
Canopea ne soutient pas le projet et a exposé, dans un article datant du 4 juillet 2023, les raisons démontrant qu’ Andenne pouvait se retrouver à la pointe des villes durables sans avoir à urbaniser la plaine d’Anton;
Le Comité de Défense d’Andenne nous soutient aussi dans notre démarche car il s’inquiète notamment de la mobilité future à Andenne;
Ramur et Occupons le Terrain nous soutiennent également activement car ils sont convaincus par la richesse et l’intérêt environnemental de Ma Campagne.
Monsieur Le Bourgmestre, Messieurs les Echevins, la voix des citoyens doit être entendue et respectée. Nous y veillerons.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Bourgmestre, Messieurs les Echevins, nos salutations distinguées.
Au nom de l’ASBL « Touche Pas à Ma Campagne »


